Si le monde savait tout ce qu’on tait… il brûlerait.
Si le monde savait…
les prières étouffées dans les tissus jetés,
les colères avalées sous les coutures parfaites,
les vérités maquillées dans la brillance des vitrines,
les rêves piétinés par la fast fashion et le temps pressé,
les mains invisibles qui cousent dans l’ombre,
et les cœurs usés qu’on appelle tendances.
Si le monde savait tout ce qu’on tait…
les cendres deviendraient braises.
Les façades tomberaient, les masques fondraient.
Et dans ce chaos de fils et de fibres,
il ne resterait que la vérité nue — celle qu’on ne vend pas,
celle qu’on porte comme une peau, pas comme une étiquette.
Nous vivons dans un théâtre de tissus et d’apparences,
où la sincérité devient une menace,
où la lumière du vrai dérange le vernis du beau.
Mais un jour, oui un jour,
le silence craquera.
Ce jour-là, la mode cessera d’être costume,
pour redevenir conscience.
Les vêtements parleront de réparation, de renaissance,
de beauté désarçonnée et de liberté.
Parce que le feu, ce n’est pas la fin.
C’est le commencement.
Et dans ses flammes renaîtra une élégance neuve,
faite de vérité, de main et de matière.


